15 avril 2019

Ali, de la marque «Jam Taan», a une grande expérience des bijoux peulh, wodaabe et touareg. La plupart du temps Ali dessine lui-même ses bijoux qu’il fait ensuite réaliser à Niamey par ses artisans.

Il a deux catégories d’interlocuteurs: les artisans traditionnels, qui ont acquis un savoir-faire et qui répètent tout au long de leur carrière la réalisation des mêmes bijoux, avec la même technique; les artisans plus sophistiqués, qui travaillent des matières plus nobles (les argents les plus purs, les ébènes les plus précieux) avec lesquels il est plus facile de collaborer lorsqu’il s’agit d’apporter des nouveaux designs ou des nouvelles idées.

Cette transmission entre le designer et les artisans s’effectue uniquement par dessin et recommandations orales, car la plupart de ces artisans sont analphabètes. Cependant ce sont d’excellent copistes, pour preuve la plupart des bijoux touaregs sont ornés de textes écrits en tamasheq, leur alphabet, qui souvent sont des vœux de santé ou des messages de bonheur. Dans les pièces qui remportent un grand succès, on distingue le «pied de chameau», bague mixte en argent et ébène, ou le «semainier», ensemble de 7 bagues, une bague par jour de la semaine, que les femmes enfilent durant la semaine, pour avoir un doigt complètement recouvert le dimanche.

Lors de la prochaine édition d’Afrodyssée, Lodia Kpodzro (Bazarapagne) et son compagnon Ali, réunissent leur talent pour présenter une sélection pointue d’artisans travaillant au Niger.

Ali a acquis aujourd’hui une telle réputation, que les spécialistes de bijoux touaregs reconnaissent ses créations au premier coup d’œil.

En marge de son travail pour Bazarapagne, Lodia aime avant tout découvrir de nouveaux designers et artisans en Afrique de l’ouest. Sa préférence, trouver un artisan ou un créateur qui a une pièce forte ou à fort potentiel, et rentrer en discussion avec lui pour améliorer le design et les finitions de l’article, pour le rendre encore plus fort et lui assurer un succès.

À ce stade, deux cas de figure se présentent: soit l’ego du créateur est touché, et il refuse que l’on transforme son travail; soit celui-ci est envieux de se développer, et grâce à Lodia et «Créations Nomades» se donner la possibilité de se faire connaître en Europe. Lidia présentera des sacs d’artisans nigériens, sur le stand de «Créations Nomades».

Designer: Créations Nomades
Photos: Frans Lemmens
Texte: Afrodyssée